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Concorsi - Partecipazione ristretta fr Genève, Switzerland

Genève, villes et champs Free!

Competitions - Restricted
Published on August 29, 2012
Deadline September 10, 2012
Description in original language
Genève, villes et champs

Le canton de Genève et les communes de Bernex, Confignon, Onex, Lancy, et Genève, on confié à l’association la mission de réfléchir à la redéfinition de la cohabitation entre urbain et rural. A la question de savoir « comment devenir ville avec la campagne et non contre elle » la manifestation culturelle et paysagère Genève, villes et champs offre des espaces d’expérimentations qu’elle propose d’explorer, au travers d’une gamme très variée d’interventions paysagères.

Délai pour le dépôt de la demande de participation au marché Date : 10.09.2012 Heure: 17:00

Le jury dispose d’une somme globale de CHF 60 000.- pour les prix et les achats, qu’il se réserve la liberté de répartir au vu et à l’analyse des projets.

Type de concours: Concours d’idées, Procédure sélective

Notre époque a besoin de futurs. Elle a besoin d’élans nouveaux, d’hori- zons et de paysages. Depuis trop longtemps maintenant le passé, le patri- moine, les choses toutes faites ont prises sur nous. Elles nous empêchent de saisir, de sentir, ou d’accueillir le vif, le courant des choses se faisant dans les choses déjà faites.

C’est d’une brèche dont nous avons besoin aujourd’hui encore, d’une ouverture, d’un projet. Le projet est toujours création et il s’appelle le futur. Mais lequel ? Car il y a bien des manières différentes de le concevoir. On partira ici de trois mots, qui résument à la fois l’attitude de projet et la vo- lonté de futur : construire, regarder, témoigner.

Il n’y a pas de projet sans construction ou édification, aussi minimes soient-elles. Construire c’est ôter et ajouter quelque chose au site, c’est l’organiser en lui conférant une structure et une dynamique nouvelle, c’est donner un sens nouveau au territoire. La transformation est aussi une rupture, l’inscription d’une discontinuité dans l’espace et dans le temps : quelque chose comme un départ, comme un commencement. Construire, c’est marquer une discontinuité, même infime, entre un passé et un pré- sent, entre un présent et un futur. Le projet assume cette sorte de rupture, qui consiste à donner de l’élan, à ouvrir des possibilités nouvelles dans le territoire, comme si l’on ouvrait une boîte pleine de richesses : les usages nouveaux du territoire. L’impulsion artistique qui anime tout projet est tou- jours capable de changer notre regard pour faire place à ces constructions futures.

Mais peut-il y avoir un projet sans un site?

Il faut apprendre à regarder si l’on veut construire. Regarder longuement et avec attention. Se rendre sur les lieux, en partir et y revenir, y demeurer suffisamment longtemps pour les « sentir », si l’on peut dire. Car, on le sait, le territoire n’est pas une page blanche ou une table vide. Il a été suf- fisamment dit et répété que le territoire est un palimpseste, qu’il possède une épaisseur, des morphologies, et aussi une inertie. Le territoire a une histoire et ce que l’on voit aujourd’hui c’est l’ensemble des traces, des em- preintes, des marques de cette histoire, ou plutôt de ces histoires enche- vêtrées qui brouillent parfois la compréhension du site. Il faut apprendre à lire. A interpréter. A retrouver les significations portées par ces traces. Le projet, si projet il y a, ne peut effacer ces traces, ou en tout cas il ne peut les esquiver. Il en part, il s’appuie sur elles et les considère comme une invitation à réfléchir. Cette logique du regard attentif nous apprend que le futur est dans le présent. Que les traces dans le site en sont des potentia- lités, des appels pour de futurs possibles. Projeter, c’est entrer en dialogue avec ces traces.

Ainsi, du site, nous sommes ramenés vers la responsabilité de ceux qui le regardent et s’y installent. Car il y a aussi le futur passé, c’est-à-dire les restes des projets du passé, plus ou moins achevés, qui reposent encore dans le territoire. C’est ce qui fait que le territoire n’est pas mort, inerte, plat. Il a une épaisseur, on l’a dit, mais au cœur même de cette épaisseur il y a aussi une dynamique sous-jacente, un élan encore là, plus ou moins aigu, mais qu’il s’agit de saisir, de voir, de reprendre peut-être. Il y a des noyaux de futur dans le territoire, comme des bulles d’eau ou des cristaux enfermés dans les roches, traversant, intacts, le temps. Que faisons-nous de ces anciens futurs dont témoigne le territoire, de ces édifices qui sont comme les témoins certes vieillis, mais encore vivants, de nos anciens élans, de nos vieux espoirs ?

Le projet n’a t-il pas aussi pour responsabi- lité, sinon, pour devoir, de recueillir ces futurs anciens, et, au moins, d’en reconnaître, lorsque c’est le cas, la justesse ? L’art public a toujours quelque chose de monumental au sens où il pro- duit toujours, si peu que ce soit, un travail de mémoire. Intervenir dans l’espace public ne signifie pas nécessairement pérenniser un événement pour le graver dans le marbre et le « monument » peut n’exister que le temps d’une performance. Il s’agit, en fait, derrière l’histoire des archives, de retrouver l’histoire vivante « qui se perpétue et se renouvelle à travers le temps » et de faire en sorte que la mémoire collective se la réapproprie d’une manière ou d’une autre. Mais, comme l’écrivait Maurice Halbwachs,

« il n’est point de mémoire collective qui ne se déroule dans un cadre spa- tial. Or, l’espace est une réalité qui dure : nos impressions se chassent l’une l’autre, rien ne demeure dans notre esprit, et l’on ne comprendrait pas que nous puissions ressaisir le passé s’il ne se conservait pas en effet dans le milieu matériel qui nous entoure. C’est sur l’espace, sur notre espace, —ce- lui que nous occupons, où nous repassons souvent, où nous avons toujours accès, et qu’en tout cas notre imagination ou notre pensée est à chaque moment capable de reconstruire — qu’il faut tourner notre attention [...] »

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