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Neuchâtel, Switzerland

Neuchâtel 2020

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Intervenir sur une ville pour projeter son développement, en prenant en compte les enjeux d’un futur durable ne peut se résoudre à une simple attitude de «zoning». Il s’agit de prendre en compte le macro et le micro, la grande et échelle et les situations locales, mettre en lien tous les territoires de la ville mais surtout leurs identités particulières et respectives. Assurer un aménagement urbain pérenne passe par soutenir les qualités propres de chacune des parties de l’ensemble, la ville devient alors un tissu de relations et non une collection d’objets. Avant de distinguer d’un côté les rives du lac et de l’autre la forêt, il nous faut avant tout rechercher à exploiter le déjà là, le mutable et l’oublié.

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Sur Neuchâtel 2020 sept territoires d’étude sont sélectionnés. Du lac à la forêt, ils représentent une palette de l’ensemble de la cité. La majeure partie de l’intervention proposée s’opère sur la ville même parce qu’elle constitue à court et moyen termes, avant tout autre lieu, une réserve foncière de développement. Pour autant, le long des Jeunes Rives de nouveaux équipements restructurent le rapport lac / ville et catalysent le lien à l’environnement. A la lisière de la forêt, de petits îlots d’habitations densifient les franges d’une forêt patrimoniale intouchable.

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La ville sur la ville
Construire la ville sur la ville permet de capitaliser l’espace existant et contenir l’étalement urbain. De vastes potentiels fonciers sont dégagés en restructurant et densifiant les friches industrielles, les zones ferroviaires et tout les espaces aux usages incohérents ou inadaptés avec leur contexte proche. A cette attitude s’ajoute l’exploitation de l’emprise des grandes surfaces commerciales de type «supermarché», en y greffant des programmes mixtes: du logement, commerce de proximité ou pôles d’éducation. Cette stratification des usages sur un même lieu développe une offre riche. Habitations, boutiques, équipements culturels ou de services garantissent une attractivité sociale et la mise en place d’une ville plurielle féconde en activités. De cette même façon le maintient des industries liées à l’environnement comme la STEP et son intégration à de nouveaux usages construisent physiquement le lien entre ville et environnement. Ce travail de superposition est accompagné de plusieurs structurations de vides qualifiés. En effet la mise en place de jardins collectifs, d’un marché de quartier et de nombreux espaces de respiration et de loisirs crée un réseau d’usages partagés à l’échelle de la ville. La position de l’équipement (centre des congrès, université et loisirs) participe également de cette attitude d’exploitation d’espaces potentiels. Ici le nœud autoroutier est appropriable, une surface exploitable est retrouvée et la continuité entre la rue des Saars et la Plage Verte est assurée par le fait que le bâtiment épouse le terrain. Il s’efface de façon à préserver l’entièreté des vues des maisons en contre haut de la rue.

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La mobilité
Mobilité et interconnexions sont un enjeu primordial dans une stratégie de développement. La mise à disposition d’un territoire desservi efficacement permet la réduction de l’usage de véhicules individuels polluants et une plus grande maîtrise des dépenses énergétiques liées à nos déplacements. En premier lieu l’implantation d’un tram/train irriguant l’ensemble de l’arc lémanique permet de connecter la ville à ses cantons voisins et au territoire suisse. Cet aménagement apporte de fait d’une requalification des voies empruntées et leur embellissement. De plus il constitue un parcours reliant le centre historique à tout les équipements culturels des Jeunes Rives. Neuchâtel est un site traversé d’axes longitudinaux. La trame d’axes transversaux des funiculaires est donc renforcée, accentuant le nombre de carrefours d’échanges et augmentant les porosités entre «haut» et «bas». En complément la trame des réseaux bus est étendue pour desservir les nouveaux territoires d’implantation. Ainsi ce nouveau maillage de flux assure une distribution homogène et un brassage des identités. A travers la réalisation de parkings silos, la question de la mobilité construit également un potentiel de surfaces re-exploitables si l’on prend en considération la diminution du nombre de véhicules individuels. L’auto-partage favorise cette démarche. En effet il est sage de penser les espaces de stationnement comme des espaces aux fonctions mutables afin d’intégrer en amont la réappropriation de ces lieux.

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Habiter la forêt
La forêt est un territoire sensible. Le bois de l’Hôpital, réserve forestière étonnante, constitue un patrimoine végétal et identitaire singulier. Tout aménagement doit en garantir la pérennité. Il convient de densifier en priorité le long des tracés existants et d’interdire l’occupation au cœur des zones boisées. A cet effet le coefficient d’occupation du sol contraint les implantations en alignement sur voie, et s’amenuise à mesure que l’on s’en éloigne. Cette stratégie d’implantation crée des espaces communs généreux ouverts sur la forêt. L’implantation des logements est accompagnée de celle de nombreux autres usages garantissant une vie de quartier. Le Chemin du Pertuis, la rue de l’Orée deviennent alors un nouveau tissu hybride mêlé d’urbain et de nature. Dans chaque îlot le gabarit des unités bâties est structuré par le vide, potentiel appropriable et mutable. Ainsi chaque espace/usage bénéficie d’un espace extérieur dédié mais gérer collectivement. Cette implication collective s’étend également à la gestion des énergies afin de diminuer la consommation d’ensemble. Au travers de ce projet l’espace devient générateur de sens et la ville un outil pour retrouver la nature.

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